Gilgit-Baltistan, Pakistan
À 8126 m, avec 34% d'oxygène disponible, l'effort perçu augmente par rapport au niveau de la mer.
La montagne tueuse. Ce surnom, le Nanga Parbat l'a mérité — pas un journaliste ne l'a inventé. À 8126 mètres, neuvième sommet de la planète et ancre occidentale de l'Himalaya, l'air ne contient que 34% de l'oxygène présent au niveau de la mer. Trente et une personnes sont mortes en essayant d'y accéder avant qu'Hermann Buhl n'y parvienne seul, sans oxygène supplémentaire, le 3 juillet 1953. Il est revenu 41 heures plus tard — après avoir passé une nuit entière debout à 7900m, une seule prise dans les mains, attendant l'aube. C'est la seule première ascension solitaire d'un 8000m dans l'histoire de l'alpinisme.
Le Nanga Parbat se dresse au Pakistan, dans le Gilgit-Baltistan, là où la chaîne himalayenne s'arrête et où le paysage plonge vers les plaines de l'Indus. Trois faces aux caractères très différents : la Diamir à l'ouest — la voie normale des expéditions modernes —, la Rupal à l'est — la plus haute paroi du monde avec 4500m de dénivelé vertical —, et la Rakhiot au nord. La voie Kinshofer sur la face Diamir est aujourd'hui le choix standard : technique, exigeante, mais la moins objectivement dangereuse des options disponibles.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Altitude | 8126 m s.n.m. |
| Massif | Himalaya occidental, Gilgit-Baltistan |
| Pays | Pakistan |
| Classement | 9e sommet mondial |
| Surnom | La montagne tueuse (Killer Mountain) |
| Difficulté | TD+/ED — Voie Kinshofer, glace et mixte jusqu'à 55° |
| Dénivelé depuis le CB | 4026 m (CB Diamir 4100 m → Sommet 8126 m) |
| Distance estimée A/R | ~18 km À VÉRIFIER |
| Temps depuis le Camp IV | 8–10h (CIV → Sommet) |
| Descente | 6–7h |
| Expédition complète | 45–60 jours |
| Meilleure saison | Juin – Août |
| Point de départ | Camp de Base Diamir (4100 m) |
| Camps d'altitude | CI (4600 m), CII (5900 m), CIII (6750 m), CIV (7200 m) |
La voie Kinshofer s'est imposée comme la voie normale après la deuxième ascension du Nanga Parbat en 1962 — réalisée par les Allemands Toni Kinshofer, Siegfried Löw et A. Mannhardt sur la face Diamir. Aujourd'hui, la quasi-totalité des expéditions commerciales l'emprunte. La voie remonte un éperon sur la gauche de la face, évitant le centre menacé par les séracs en surplomb, avant de traverser le Bazhin Gap et d'attaquer l'arête sommitale.
4100 m → 4600 m | Dénivelé : +500 m | Temps : 4–6h
Depuis le camp de base, l'itinéraire remonte le glacier Diamir avant d'attaquer l'éperon gauche. Terrain mixte dès les premières longueurs : neige consolidée, glace, barres rocheuses. Le Camp I s'installe à environ 4600 m sur une épaule relativement abritée.
4600 m → 5900 m | Dénivelé : +1300 m | Temps : 6–8h
C'est là que se joue une grande partie de l'expédition. Le vaste champ de glace incliné qui donne son nom à la voie exige un frontpointing technique soutenu et une vigilance constante pour les crevasses. La majorité du dénivelé total se gagne ici — ce qui implique des heures prolongées sous les séracs supérieurs. Le Camp II à 5900 m est le camp logistique principal.
5900 m → 6750 m | Dénivelé : +850 m | Temps : 5–7h
Glace raide alternant avec de courts passages mixtes. L'altitude impose son rythme — chaque pas coûte davantage qu'au camp de base. Le Camp III à 6750 m est le point de bascule de l'acclimatation finale avant la tentative de sommet.
6750 m → 7200 m | Dénivelé : +450 m | Temps : 3–5h
À 7200 m, le corps ne récupère plus complètement durant le sommeil. Ce n'est pas une approximation — c'est un fait physiologique documenté. Le Camp IV est le dernier abri avant le jour de sommet.
7200 m → 8126 m | Dénivelé : +926 m | Temps : 8–10h
Le départ se fait la nuit — entre minuit et 2h du matin. La voie traverse vers le Bazhin Gap, puis remonte l'arête finale jusqu'au plateau sommital. À cette altitude, chaque souffle apporte 34% de l'oxygène dont vous auriez besoin. Les décisions ralentissent. Les jambes aussi.
Remarque : Les données d'itinéraire sont issues de sources secondaires (SummitPost, Global Summit Guide). Les conditions varient significativement d'une saison à l'autre. Consultez des guides certifiés et des sources actualisées avant toute expédition.
À 8126 m, la pression barométrique tombe à environ 336 hPa — un tiers de la valeur au niveau de la mer. Chaque inspiration apporte 34% de l'oxygène dont vous avez besoin. Un tiers. C'est la réalité physique derrière le surnom de montagne tueuse — pas la technique, pas la neige. L'air.
La SpO₂ typique au sommet pour un alpiniste acclimaté avec oxygène supplémentaire se situe entre 50 et 65%. Sans apport, des valeurs inférieures à 50% sont documentées — et à ce niveau, le risque de HACE (œdème cérébral d'altitude) et de HAPE (œdème pulmonaire d'altitude) est réel. Les signes du HACE : confusion, ataxie, vision double. Ceux du HAPE : essoufflement au repos et toux sèche. La réponse aux deux est identique : descendre immédiatement, sans attendre.
Le protocole standard prévoit 45 jours minimum avec 4–5 rotations d'acclimatation :
Entre chaque rotation, descente au camp de base ou plus bas — idéalement au village de Chilas (3000–3500 m) pour une récupération active. La règle reste la même : montez haut, dormez bas.
Remarque : Ces informations sont à caractère général et ne remplacent pas un avis médical spécialisé. Consultez un médecin spécialiste de la médecine d'altitude avant toute expédition au Nanga Parbat.
Le Nanga Parbat n'est pas la suite logique d'une saison sur les 4000. C'est une expédition himalayenne au sens plein : logistique complexe, météo imprévisible, terrain technique à des altitudes que le corps humain ne gère qu'avec une préparation spécifique et prolongée.
Prérequis minimum : au moins un 8000 m déjà gravi (le Cho Oyu ou le Manaslu sont les choix habituels pour une première), technique solide sur glace et mixte, expérience des cordes fixes au-dessus de 7000 m.
Physiquement : votre capacité aérobie doit soutenir un effort à intensité modérée pendant 10–12h consécutives. Entraînement avec sac chargé (20–25 kg) sur des dénivelés supérieurs à 1500 m, sessions techniques sur glace avec crampons 12 pointes et piolet.
Équipement essentiel : combinaison en duvet haute altitude testée jusqu'à −40°C minimum, crampons rigides 12 pointes, piolet technique, Jumars et kit cordes fixes, oxymètre de pouls certifié pour le suivi de la SpO₂.
Le taux de mortalité historique du Nanga Parbat est parmi les plus élevés des 8000 m — au-dessus de 20% dans les premières décennies d'exploration. La gestion moderne des expéditions a amélioré les statistiques, mais la montagne reste l'une des plus dangereuses de la planète. Les causes principales de décès sont les tempêtes et les avalanches, pas la difficulté technique pure.
Pour la quasi-totalité des expéditions commerciales, oui. L'oxygène supplémentaire est standard au-dessus de 7500 m. Quelques alpinistes l'ont fait sans — Buhl en 1953, Messner en 1978 — mais les risques physiologiques sont considérables. Sans apport d'oxygène, la SpO₂ au sommet peut descendre en dessous de 50%.
La fenêtre optimale est juillet. Les expéditions arrivent généralement en mai pour commencer les rotations d'acclimatation et tentent le sommet entre fin juin et fin juillet. Août est techniquement possible, mais les conditions météo sont moins stables.
Entrez votre email et obtenez un accès immédiat + téléchargement PDF
En achetant via ces liens, vous soutenez Oxymeter sans coût supplémentaire — merci ! En tant que Partenaire Amazon, Oxymeter réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Liste indicative. Adaptez l'équipement aux conditions météo et à votre niveau d'expérience.
Oxymeter vous a été utile ?
Derrière Oxymeter, il n'y a qu'une seule personne : serveurs, données et heures de travail sont entièrement autofinancés, et tout reste gratuit et sans publicité. Si vous souhaitez donner un coup de main, vous pouvez nous offrir un café.
Offrez-nous un caféMême un petit geste fait une grande différence. Merci !
Ouvrez la page pour les liens d'équipement à jour : https://www.oxymeter.it/fr/vetta/nanga-parbat/
Les informations de cette page ont été vérifiées à partir des sources suivantes
Calculez votre risque de mal des montagnes
7 questions — estimation du risque SAM selon les recommandations WMS